observatoire des sondages

Épidémie de sondages : un manuel comme antidote

mercredi 11 janvier 2012

Les fêtes de fin d’année à peine terminées, les décorations de Noël remisées dans les placards, les sapins déposés sur les trottoirs ou dans les déchetteries, les sondeurs, sans surprise, ont fait leur réapparition en ce début 2012. Si l’on excepte les chaînes de production d’études marketing et publicitaires, qui elles ne s’arrêtent jamais, mais sans prétendre à l’exhaustivité, on peut déjà dénombrer depuis le 1er janvier deux sondages d’intention de vote sur la présidentielle (Ifop-Jdd, 6 janvier 2012 ; BVA Le Parisien 9 janvier 2012 ), quatre sur la popularité de Nicolas Sarkozy et ses adversaires politiques (Viavoice-Libération, Lh2 Nouvel-Observateur, 9 janvier 2012 ; TNS sofres-Mediaprisme - Itélé, 6 janvier 2012 ; CSA-Les Echos, 5 janvier 2012), un sur les "Français et la TVA sociale" (CSA-L’humanité, 5 janvier 2012), etc.

L’industrie sondagière se prépare à nous noyer sous des trombes de sondages, déluge de clichés et autres poncifs de « photo instantanée de l’opinion » et autre « état des rapports de force à un moment donné », jetables car rapidement remplacés par d’autres, jetables également. Déferlement suscitant la gourmandise des médias et les craintes des candidats. Les sondeurs ont commencé à faire ces sondages d’intention de vote il y a longtemps. Les premiers datent en effet de 2007 pour l’Ifop [1] et de 2008 pour BVA [2], rejoints rapidement ensuite par tous les autres « majors ». Un record probablement en passe d’être battu concernant une élection présidentielle.

En attendant, cette courte chronique d’un déluge annoncé est l’occasion de rappeler que nous avons publié quelques mois avant l’échéance présidentielle un manuel anti-sondage [3], pour ne pas être noyés.

Alain Garrigou et Richard Brousse
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- Manuel anti-sondages. La démocratie n’est pas à vendre , Editions La Ville brûle, septembre 2011.

Médias, argent, politique... les sondages sont au coeur d’un système qu’ils ont contribué à transformer. Forme dominante de production de l’opinion publique, les sondages participent à la mise en condition des citoyens, et donc à la perversion de la démocratie : les régimes démocratiques sont devenus des régimes d’opinion. Fabriquée, transformée en données chiffrées, marchandisée puis manipulée, l’opinion publique est à présent une source de profits sur un marché en pleine expansion. Alors que la fabrique de l’opinion tourne à plein régime, une critique citoyenne des sondages est plus nécessaire que jamais. Le Manuel anti-sondages décrypte le fonctionnement de ce système opaque et antidémocratique. Il propose une analyse sans concessions de ses techniques et de ses usages commerciaux, politiques et médiatiques, étayée par de nombreux exemples et complétée par un glossaire et des éléments de réponses aux contre-vérités des « opiniomanes » : autant d’outils permettant de se défendre contre l’emprise croissante des sondages (et des sondeurs) sur le débat politique.

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[1Cf. Jdd, 4 novembre 2007, un sondage d’intention de vote à rebours, opération réitérée un an plus tard dans Sud-ouest dimanche 31 avril 2009.

[2Cf. France soir, 7 mai 2008.

[3Dont les droits d’auteurs sont intégralement reversés à l’association Observatoire des sondages.

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